Dans son sens commun, le terme « racisme » englobe normalement déjà les formes d'hostilité et d'intolérance dirigées contre les Blancs. Mais comme l'explique Damien Charrieras, la notion de racisme antiblanc s'est construite en s'appuyant sur une articulation du mot « racisme », où celui ne désignerait plus que les formes d'intolérance dirigées contre les immigrés et exclurait les Occidentaux[1]. Cette notion se serait donc développée par antithèse à cette acception restrictive du terme racisme qui ne prendrait pas en compte le racisme dirigé contre les Blancs.
Cette notion a principalement été défendue et instrumentalisée par des groupes apparentés à l'extrême-droite française[1] (le FN, le MNR, l'Agrif, le Bloc identitaire...). Mais l'emploi de ce terme s'est répandu et popularisé en dehors de la sphère de l'extrême-droite en 2005, suite à l'appel du 25 mars soutenu par des personnalités comme Hachomer Hatzaïr, Ghaleb Bencheikh, Alain Finkielkraut, Bernard Kouchner et Jacques Julliard[1] .
Cependant le concept de racisme antiblanc reste encore controversé parmi de nombreuses associations de droit de l'homme et de lutte contre le racisme ainsi que parmi de nombreux intellectuels[1] non pas parce que l'existence du racisme visant les Blancs est niée en tant que tel, mais parce que le concept de racisme antiblanc, qui prétend rendre compte de ce racisme, l'envisage comme un racisme à part et adopte un point de vue communautariste qui fait des distinctions entre les différents types de racisme et ses différentes victimes, et attise ainsi les antagonismes communautaires[1]. Dans cette perspective, le concept de racisme antiblanc est contesté au profit d'une vue qui considère le racisme envers les Blancs comme étant un racisme comme les autres.